Friedland_RMN_Horace_Vernet
Napoléon Ier sur le champ de bataille de Friedland,
le 14 juin 1807
,
Horace Vernet (1789-1863), vers 1835-1836.
Huile sur toile, 465 x 543 cm.
Versailles, châteaux de Versailles et Trianon.

Aujourd’hui est une journée spéciale pour tous les napoléoniens qui connaissent leurs dates. En effet, c’est aujourd’hui le bicentenaire de la bataille de Friedland, remportée par Napoléon le 14 juin 1807, mais c’est aussi le 207e anniversaire de la bataille de Marengo, pareillement remportée par Napoléon, qui n’était alors que Premier Consul, le 14 juin 1800, donc.

Je ne peux malheureusement pas me lancer dans un brillant exposé de la bataille de Friedland, ce que je ferais plus tard, quand je serai rentré en France.

Pour en dire deux mots, la trouvaille de Napoléon fut de pousser son adversaire, le général Bennigsen, originaire d’Hanovre et commandant les armées russes, à passer le fleuve Alle (lequel se jette dans la Mer Baltique) pour attaquer le maréchal Lannes, sur la rive gauche, alors en infériorité numérique. Bennigsen pensait ne devoir livrer qu’un combat d’avant-garde, rapidement terminé, en sa faveur bien évidemment. Mais c’était sans compter sur la résistance (furia francese…) des troupes de Lannes qui permit à Napoléon d’accourir d’Eylau avec le gros de ses forces. Bennigsen combattait devant Friedland mais surtout, dos au fleuve ce qui représente un énorme désavantage tactique en cas de retraite, vu qu’il est difficile de faire passer en bon ordre toute une armée sur des ponts étroits…

La Grande Armée au complet commence vraiment l’attaque vers 17 heures : Ney, appuyé par les dragons de Latour-Maubourg et l’artillerie de Sénarmont, parvient à forcer le dispositif russe, à prendre Friedland où il s’enferme et fait sauter les pont sur l’Alle. Les Russes, qui n’ont plus d’aile gauche, et dont la moitié de l’artillerie et de la Garde impériale s'est faite massacrer, sont pris dans une nasse, entre deux feux. Ils tentent une attaque désastreuse contre le centre français et subissent des pertes effroyables. Une charge à la baïonnette de l’infanterie d’élite française vient à bout de la résistance des Russes, qui craquent finalement vers 22 h 30 ; les survivants tentent de passer l’Alle à la nage, beaucoup se noient.

La victoire de Napoléon est totale, tout à fait comparable à celle d’Austerlitz ou d’Iéna. Vu l’honteux, mais malheureusement prévisible, mutisme des médias, je me devais de faire un article, fut-il modeste, simplement en mémoire des 1 645 tués et 8 000 blessés français et des 12 000 morts et blessés russes, dont 10 000 furent par ailleurs fait prisonniers, épuisés, ils se laissaient capturer par les Français durant les jours qui suivirent la bataille. Ce fut le glas de la 4e coalition, Napoléon rencontra le Tsar Alexandre II à Tilsit et la paix fut signée. Restait à l'Angleterre à verser des millions de livres sterling pour exciter les nations européenne contre la France, afin préserver son monopole commercial, peu importe le nombre de guerres qui seraient nécessaires...

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Marengo_RMN_L
La bataille de Marengo, 25 prairial an VIII,
Louis François Lejeune (1775-1848), an IX.
Huile sur toile, 180 x 250 cm.
Versailles, châteaux de Versailles et Trianon.

Je serai plus bref sur la bataille de Marengo, qui se déroula en Italie, dans le Piémont, à 70 kilomètres de Gênes, le 14 juin 1800.

Il faut savoir qu’elle commença très mal pour les Français, commandés par le Premier Consul Napoléon Bonaparte, et faillit bien se transformer en défaite.

Si les Autrichiens, sous les ordres du général Melas, alignaient 36 000 hommes, 7 500 cavaliers et 180 canons, les Français ne disposaient guère que de 24 000 hommes, 3 700 cavaliers et 15 canons : en effet, Bonaparte, qui pensait les Autrichiens à Turin a dispersé ses troupes pour un meilleur ravitaillement, il lui manque par conséquent 15 000 hommes et la majeure partie de son artillerie, en mission de reconnaissance.

L’armée française est donc surprise par les Autrichiens, en ce 14 juin 1800. Bonaparte envoie ce message désespéré au général Desaix, son ami, pourtant loin : "Je croyais attaquer l'ennemi, il m'a prévenu. Revenez, au nom de Dieu, si vous le pouvez encore !"

Les Français résistent vaillamment mais sont forcés de reculer devant l’ampleur des pertes et la disproportion des forces. Aux alentours de 15 heures, l’Etat-major prépare la retraite mais au même moment, Desaix, qui n’avait pas attendu le message de Bonaparte pour marcher, de sa propre initiative, au son du canon, débouche sur le champ de bataille avec 10 000 hommes ; il est tué d’une balle en plein cœur dès le début de l’engagement mais sauve l’armée française, le général Kellermann assure ensuite la victoire en chargeant, sans en avoir l’ordre, les Autrichiens avec 400 cuirassiers. De défaite, Marengo s’est transformée en victoire pour les Français.

Ces derniers comptent entre 6 000 et 8 000 morts et blessés, les Autrichiens, eux, déplorent entre 9 400 et 11 000 morts et blessés, ils abandonnent 40 canons et laissent 8 000 prisonniers. La perte de Desaix fut un coup dur pour Bonaparte, qui déclara, sur sa dépouille : "Pourquoi ne m’est-il pas permis de pleurer ?"

L’armistice est signé avec Melas le lendemain, la paix est plus tard ratifiée à Lunéville, le 9 février 1801, avec l’Autriche, la Russie (battue par Moreau à Hohenlinden) et le Royaume-Uni.

  D.

Ps : La veille de Marengo, Napoléon Bonaparte mangea du poulet marengo et non pas du veau marengo, son cuisinier lui préparant à manger avec les moyens du bord, du poulet, donc, des œufs et des écrevisses.