Mon capharnaüm en ligne

vendredi 9 janvier 2009

Remballez tout, on s'en va...

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Bon, eh bien, supprimés les articles les plus crétins ou du moins, insignifiants, je déclare ce blog officiellement et définitivement en cessation d'activité ; officieusement, il était mort depuis des lustres, et le peu d'intérêt qu'il était susceptible d'éveiller chez les lecteurs depuis plus longtemps encore... aussi est-il plus que temps de mettre clef sous la porte.

Bah, comme pour toute chose, il y aura eu de bons moments...

Denis

Ps : et pour le cartel du tableau, voici : Le Veuf, XIXème siècle, huile sur toile, 141 x 100 cm, Jean Louis Forain (1852-1931), Paris, musée d'Orsay.

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jeudi 6 mars 2008

REQUIESCAT, Oscar Wilde

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Oscar Wilde
, 1882.

REQUIESCAT

"TREAD lightly, she is near
Under the snow,
Speak gently, she can hear
The daisies grow.

All her bright golden hair
Tarnished with rust,
She that was young and fair
Fallen to dust.

Lily-like, white as snow,
She hardly knew
She was a woman, so
Sweetly she grew.

Coffin-board, heavy stone,
Lie on her breast,
I vex my heart alone
She is at rest.

Peace, Peace, she cannot hear
Lyre or sonnet,
All my life's buried here,
Heap earth upon it."

Avignon, 1875.
in WILDE, Oscar. Poems, Boston, Robert Brothers, 1881.

TRADUCTION :

"Marche doucement, elle est là
Dessous la neige encore,
Et peut entendre - parle bas -
La marguerite éclore.

Ses cheveux brillants comme l'or
Sont de rouilles ternis,
Elle si jeune et belle alors
En poussière a fini.

Comme la neige ou le lys blanc,
À peine savait-elle
Qu'elle était une femme, tant
Sa vie fut douce et belle.

Cercueil de bois, dalle de pierre,
Sur sa poitrine enclose ;
Mon cœur s'afflige solitaire,
Tandis qu'elle repose.

Silence, elle ne peut entendre
Ni lyre ni sonnet,
Ma vie est ici, en sol tendre
Enterrée à jamais."

in WILDE, Oscar, ŒUVRES, Poèmes : Poèmes choisis,
Paris, Le Livre de Poche, La Pochothèque,
Librairie Générale Française, 2003.

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vendredi 31 août 2007

"Merde !" Du nouveau sur le mot de Cambronne.

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Portrait du général Pierre Jacques Etienne Cambronne (1770 – 1842),

Carrière (dessinateur actif au XIXe siècle), 1815.

Pastel sur papier, 29 x 21 cm.

Paris, Hôtel des Invalides, Musée de l’armée.

Mes lecteurs les plus attentifs s’en souviendront peut-être, le premier article publié sur ce blog (du dimanche 10 décembre 2006, pour être plus précis), s’intitulait : "Cambronne a-t-il oui ou non dit "Merde !" aux Anglais à Waterloo ?", j’y apportais des éléments de réponse sans pour autant, bien sûr, faire toute la lumière sur cette question, à moins de voyager dans le temps et de revenir à ce fameux 18 juin 1815 (je suis volontaire, au demeurant), on ne le pourra sûrement jamais…

Mais je continue à glaner des renseignements (article posté ne veut pas dire "affaire classée" !) qui, laissées à l’appréciation de tous, permettent à chacun de se faire sa propre opinion…

Or donc, dans le numéro hors-série de Napoléon 1er : Le magazine du Consulat et de l’Empire (sans faire de pub…) consacré à la bataille de Waterloo, j’ai relevé plusieurs informations intéressantes et qui méritent d’être ici rapportées, l’une d’elles ne manque d’ailleurs pas de piquant !

Récapitulons brièvement.

Dimanche 18 juin 1815, l’Empereur Napoléon livre bataille aux Anglais, retranchés sur le plateau du Mont-Saint-Jean, quelques kilomètres en avant du village de Waterloo et, une fois la forêt de Soignes traversées, de Bruxelles. Vers 19 heures, alors que les Prussiens du feld-maréchal Blücher commencent à peser sérieusement sur sa droite, Napoléon décide de tenter une dernière fois de briser le centre anglais et fait donner la Garde. La Moyenne pour la première vague, la Vieille devant suivre. Mais la Moyenne Garde se fait écharper et recule. L’armée impériale se débande alors au cri de "La Garde recule !". Pour couvrir la débâcle, les bataillons de la Vieille Garde forment le carré. Parmi eux, celui du général Pierre Jacques Etienne Cambronne, le 2e bataillon du 1er chasseurs à pied de la Garde. Le carré est bientôt cerné par l’ennemi. Un officier supérieur anglais, le colonel Halkett, le général Colville ou Hill, selon les versions, les somme de se rendre. Là, Cambronne est sensé avoir répondu deux fois "La Garde meurt, mais ne se rend pas !", c’est la phrase, puis finalement "Merde !", c’est le mot, peu après, une balle l’atteint au visage et lui fait perdre connaissance, tandis que le carré se transforme en triangle puis se dissout.

Au sujet de la phrase "La Garde meurt, mais ne se rend pas !", Jacques Logie (l’auteur du hors-série, donc) écrit qu’elle "est due très probablement à la plume d’un journaliste, Rougemont, qui dès le 24 juin 1815, la publiait dans le "Journal Général de la France". À cette date, aucun officier ou soldat de la Garde n’était encore revenu à Paris où seuls quelques généraux de l’état-major impérial avaient apporté la nouvelle du désastre."

Cependant, nous apprenons que Cambronne reconnaîtra plus tard avoir dit une phrase certes moins bien tournée (difficile de faire de la grande prose au cœur d’une bataille…) mais dans le même registre : "Je n’ai pas dit cela [La Garde meurt…], j’ai seulement dit des bougres comme nous ne se rendent jamais."

On se souvient que les enfants du général Michel (à la tête du 1er bataillon du 3ème chasseurs de la Garde, durant la bataille de Waterloo) avaient revendiqués la phrase à présent dans les pages roses du dictionnaire comme étant de leur père ; le récit de l’aide de camp de Michel rapporte cependant que Michel fut tué lors de l’attaque de la Garde (soit avant que la Garde ne recule et se mette en carrés) : "Le général Michel tomba de cheval en s’écriant : "Ah mon Dieu, j’ai encore le bras cassé !" Je me précipitai à terre et déboutonnai son frac pour découvrir sa blessure. Mon général était mort ; une balle reçue au dessus du sein gauche lui avait traversé le corps."

Donc, la phrase est bien de Cambronne, puisque l’aide de camp de Michel nous apporte la preuve que son malheureux général n’en est pas l’auteur.

Passons au plus intéressant, à savoir le célèbre "Merde !".

Le général Bachelu, qui commandait la 5e division d’infanterie du 2e corps d’armée du général Reille, questionna, dans les années 1830, son ami Cambronne sur le mot aux Anglais, la réponse est assez plaisante : "Comment ? Toi aussi ! Ah non, en voilà assez, cela devient emmerdant !"

Bachelu précise en outre : "Le mot était si naturel en pareil cas, que ce jour là, Cambronne dut le dire cinq fois, six fois… comme moi d’ailleurs."

Quid, donc, de la phrase et du mot de Cambronne ?

Nous pouvons être sûr de la phrase, puisque Cambronne la confirme (dans une version un peu moins littéraire certes, mais tout aussi belle et poignante), quant au mot… il reste vraisemblable qu’il l’a dit (voir l’article du 10 décembre 2006…). Je n’aurais, personnellement, pas trouvé mieux à crier à ces sacrés Anglais, non mais !

D.

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jeudi 14 juin 2007

Bicentenaire de Friedland et 207e anniversaire de Marengo.

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Napoléon Ier sur le champ de bataille de Friedland,
le 14 juin 1807
,
Horace Vernet (1789-1863), vers 1835-1836.
Huile sur toile, 465 x 543 cm.
Versailles, châteaux de Versailles et Trianon.

Aujourd’hui est une journée spéciale pour tous les napoléoniens qui connaissent leurs dates. En effet, c’est aujourd’hui le bicentenaire de la bataille de Friedland, remportée par Napoléon le 14 juin 1807, mais c’est aussi le 207e anniversaire de la bataille de Marengo, pareillement remportée par Napoléon, qui n’était alors que Premier Consul, le 14 juin 1800, donc.

Je ne peux malheureusement pas me lancer dans un brillant exposé de la bataille de Friedland, ce que je ferais plus tard, quand je serai rentré en France.

Pour en dire deux mots, la trouvaille de Napoléon fut de pousser son adversaire, le général Bennigsen, originaire d’Hanovre et commandant les armées russes, à passer le fleuve Alle (lequel se jette dans la Mer Baltique) pour attaquer le maréchal Lannes, sur la rive gauche, alors en infériorité numérique. Bennigsen pensait ne devoir livrer qu’un combat d’avant-garde, rapidement terminé, en sa faveur bien évidemment. Mais c’était sans compter sur la résistance (furia francese…) des troupes de Lannes qui permit à Napoléon d’accourir d’Eylau avec le gros de ses forces. Bennigsen combattait devant Friedland mais surtout, dos au fleuve ce qui représente un énorme désavantage tactique en cas de retraite, vu qu’il est difficile de faire passer en bon ordre toute une armée sur des ponts étroits…

La Grande Armée au complet commence vraiment l’attaque vers 17 heures : Ney, appuyé par les dragons de Latour-Maubourg et l’artillerie de Sénarmont, parvient à forcer le dispositif russe, à prendre Friedland où il s’enferme et fait sauter les pont sur l’Alle. Les Russes, qui n’ont plus d’aile gauche, et dont la moitié de l’artillerie et de la Garde impériale s'est faite massacrer, sont pris dans une nasse, entre deux feux. Ils tentent une attaque désastreuse contre le centre français et subissent des pertes effroyables. Une charge à la baïonnette de l’infanterie d’élite française vient à bout de la résistance des Russes, qui craquent finalement vers 22 h 30 ; les survivants tentent de passer l’Alle à la nage, beaucoup se noient.

La victoire de Napoléon est totale, tout à fait comparable à celle d’Austerlitz ou d’Iéna. Vu l’honteux, mais malheureusement prévisible, mutisme des médias, je me devais de faire un article, fut-il modeste, simplement en mémoire des 1 645 tués et 8 000 blessés français et des 12 000 morts et blessés russes, dont 10 000 furent par ailleurs fait prisonniers, épuisés, ils se laissaient capturer par les Français durant les jours qui suivirent la bataille. Ce fut le glas de la 4e coalition, Napoléon rencontra le Tsar Alexandre II à Tilsit et la paix fut signée. Restait à l'Angleterre à verser des millions de livres sterling pour exciter les nations européenne contre la France, afin préserver son monopole commercial, peu importe le nombre de guerres qui seraient nécessaires...

***

Marengo_RMN_L
La bataille de Marengo, 25 prairial an VIII,
Louis François Lejeune (1775-1848), an IX.
Huile sur toile, 180 x 250 cm.
Versailles, châteaux de Versailles et Trianon.

Je serai plus bref sur la bataille de Marengo, qui se déroula en Italie, dans le Piémont, à 70 kilomètres de Gênes, le 14 juin 1800.

Il faut savoir qu’elle commença très mal pour les Français, commandés par le Premier Consul Napoléon Bonaparte, et faillit bien se transformer en défaite.

Si les Autrichiens, sous les ordres du général Melas, alignaient 36 000 hommes, 7 500 cavaliers et 180 canons, les Français ne disposaient guère que de 24 000 hommes, 3 700 cavaliers et 15 canons : en effet, Bonaparte, qui pensait les Autrichiens à Turin a dispersé ses troupes pour un meilleur ravitaillement, il lui manque par conséquent 15 000 hommes et la majeure partie de son artillerie, en mission de reconnaissance.

L’armée française est donc surprise par les Autrichiens, en ce 14 juin 1800. Bonaparte envoie ce message désespéré au général Desaix, son ami, pourtant loin : "Je croyais attaquer l'ennemi, il m'a prévenu. Revenez, au nom de Dieu, si vous le pouvez encore !"

Les Français résistent vaillamment mais sont forcés de reculer devant l’ampleur des pertes et la disproportion des forces. Aux alentours de 15 heures, l’Etat-major prépare la retraite mais au même moment, Desaix, qui n’avait pas attendu le message de Bonaparte pour marcher, de sa propre initiative, au son du canon, débouche sur le champ de bataille avec 10 000 hommes ; il est tué d’une balle en plein cœur dès le début de l’engagement mais sauve l’armée française, le général Kellermann assure ensuite la victoire en chargeant, sans en avoir l’ordre, les Autrichiens avec 400 cuirassiers. De défaite, Marengo s’est transformée en victoire pour les Français.

Ces derniers comptent entre 6 000 et 8 000 morts et blessés, les Autrichiens, eux, déplorent entre 9 400 et 11 000 morts et blessés, ils abandonnent 40 canons et laissent 8 000 prisonniers. La perte de Desaix fut un coup dur pour Bonaparte, qui déclara, sur sa dépouille : "Pourquoi ne m’est-il pas permis de pleurer ?"

L’armistice est signé avec Melas le lendemain, la paix est plus tard ratifiée à Lunéville, le 9 février 1801, avec l’Autriche, la Russie (battue par Moreau à Hohenlinden) et le Royaume-Uni.

  D.

Ps : La veille de Marengo, Napoléon Bonaparte mangea du poulet marengo et non pas du veau marengo, son cuisinier lui préparant à manger avec les moyens du bord, du poulet, donc, des œufs et des écrevisses.

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dimanche 29 avril 2007

5/ Charles IX (1550-1574) : seconde partie.

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Charles IX, roi de France,

François Clouet (1510/1515 - 1572), 1561.

Peinture à l'huile sur panneau de bois, 25 x 21 cm.

Vienne, Kunsthistoriches Museum.

Nous avons vu dans la première partie que Charles IX n’a que dix ans lors de son couronnement le 8 décembre 1560. Il est donc trop jeune pour régner seul.

Le 21 décembre de la même année, le conseil royal confie la régence à sa mère, Catherine de Médicis, « gouvernante des enfants de France ». Pendant la minorité du roi, elle s’efforcera de calmer les tensions entre catholiques et protestants mais manquant de finesse politique et de part l’incapacité des deux partis à s’entendre, elle ne pourra empêcher le royaume de sombrer dans la tourmente des guerres de religions qui ne finiront vraiment qu’avec l’assassinat d’Henri IV, en 1610.

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Catherine de Médicis,

d’après François Clouet,

Ecole Française, seconde moitié du XVIe siècle.

Peinture à l’huile sur panneau de bois, 33 x 24 cm.

Chantilly, Musée Condé.

                                                   

La suite est en cours d’écriture, merci pour votre patience !

Denis ubicumque felix (29/04/07).

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mardi 6 février 2007

5/ Charles IX (1550-1574)

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Charles IX, roi de France,

atelier de François Clouet,

seconde moitié du XVIe siècle.

Peinture à l’huile sur panneau de bois,

31 x 20 cm.

Chantilly, Musée Condé.

Charles-Maximilien de France, futur Charles IX, nait le 27 juin 1550, vers cinq heures du matin, au château de Saint-Germain-en-Laye. Cinquième enfant et troisième fils d’Henri II (1519-1559) et de Catherine de Médicis (1519-1589), il est l’avant-dernier représentant de la dynastie des Valois indirects, quatrième roi du rameau des Valois-Angoulême.

Le prince est baptisé le jour même de sa venue au monde, il reçoit les prénoms de Charles-Maximilien en mémoire de son oncle Charles d’Orléans (cadet d’Henri II et le chouchou de François Ier, son père ; choix surprenant puisque les deux frères ne s’aimaient pas) et en l’honneur de son parrain, Maximilien d’Autriche (fils du roi Ferdinand et neveu de Charles Quint).

La naissance du dauphin François, le 19 janvier 1544 (Catherine de Médicis était auparavant restée stérile pendant quinze ans), et celle de son frère Louis, le 3 février 1549, triomphalement annoncées, avaient été prétextes à des fêtes et des réjouissances à la Cour ainsi que dans tout le royaume (entre eux deux, Elisabeth, née le 2 avril 1545 et Claude née le 12 novembre 1547, mais l’on faisait alors peu de cas des filles, tout juste bonnes à être mariées avec des rois ou des princes étrangers).

Malheureusement, Louis, portant le titre de duc d’Orléans, était mort avant d’avoir un an, aussi Charles-Maximilien vit-il le jour et fut baptisé dans la plus grande discrétion, car le roi et la reine n’étaient pas assurés de sa survie ; la mortalité infantile étant à cette époque très forte même dans la famille royale, qui avait de plus des problèmes de consanguinité.

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Charles-Maximilien de France,

Germain Le Mannier (actif de 1537 à 1559),

juin 1552.

Pierre noire et sanguine sur papier, 33,9 x 23,2 cm.

Chantilly, Musée Condé.

Un portrait du futur roi, à 2 ans, avec une raquette de jeu de paume, pendant les années d’insouciances…

Les historiens ne disposent que de relativement peu d’informations sur la prime enfance de Charles IX, puisque n’étant destiné à régner, il s’efface derrière son ainé, le dauphin François, qui, lui, est l’objet de toutes les attentions. Catherine de Médicis donne encore le jour à cinq enfants, à un rythme plus que soutenu : Alexandre-Edouard – futur Henri III – le 19 septembre 1551, Marguerite le 14 mai 1553, Hercule le 18 mars 1554, et enfin des sœurs jumelles, le 24 juin 1556, Jeanne, mort-née, et Victoire, décédée le 17 août de la même année.

Alors qu’Elisabeth et Claude suivent la Cour (au Louvre, à Fontainebleau, à Compiègne, Saint-Germain-en-Laye et autres résidences royales de Paris ou de ses environs), François, Charles-Maximilien, Alexandre-Edouard, Marguerite et Hercule vivent loin de la capitale, où l’air passe pour être vicié. Sont élevés avec eux, selon l’usage de ce  temps-là, Marie Stuart (jeune reine d’Ecosse et fiancée du dauphin), Henri d’Angoulême, bâtard d’Henri II, et les enfants d’honneurs, à savoir : Henri de Navarre (le futur Henri IV), fils d’Antoine de Bourbon-Vendôme, et le prince de Joinville - encore un Henri - futur duc de Guise, sans compter d’autres rejetons de grands seigneurs.

Tout ce petit monde a la chance de grandir paisiblement dans les luxueux châteaux du Val de Loire si apprécié des derniers Valois, changeant de résidence (citons, entre autres, Amboise, Blois ou encore Romorantin) dès qu’une épidémie (de peste, notamment) se déclare dans les faubourgs à proximité. Les enfants royaux ne voient donc que rarement leurs parents, par conséquent, Catherine de Médicis demande de nombreux portraits - souvent réalisés au crayon - aux peintres François Clouet et Germain Le Mannier (pour ne retenir que ceux-là) moyen pour elle de s’assurer de la bonne santé des princes et princesses, de leur croissance normale et de l'évolution de leurs traits (plutôt Valois ou Médicis ?), de même, elle peut ainsi montrer les effigies de sa petite famille aux ambassadeurs étrangers ou aux cours d’Europe, en vue de mariages politiques.

Devenus plus grands (les deux premières années sont les plus délicates), les princes et princesses rejoignent occasionnellement le roi et la reine, pour participer à des cérémonies officielles. En 1553, le dauphin, qui aura dix ans le 19 janvier de l’année suivante, quitte ses frères et sœurs (lesquels restent à Amboise) et part pour Saint-Germain-en-Laye, en compagnie de sa fiancée, afin de faire son entrée officielle à la Cour et d'être préparé à son futur métier de souverain par son père, Henri II. Le mariage de François et de Marie Stuart sera célébré le 2 avril 1558.

Intéressons-nous à présent à l’éducation et à la personnalité du futur Charles IX. Charles-Maximilien est, disons-le, peu attentif aux leçons de son précepteur Jacques Amyot, traducteur des Vies des hommes illustres de Plutarque ; le prince préfère de loin les exercices physiques et manifeste très tôt, en bon Valois, une vraie passion pour la chasse. Son gouverneur, Philibert de Marsilly, duc de Cipière et ancien soldat, y est pour quelque chose : il initie son royal élève à l’équitation, aux armes et surtout à la vénerie (chasse à courre), lui apprend un peu de la discipline et de la vie militaire, ainsi que quelques jurons partis tout seul (chassez le naturel, il revient au grand galop !), et lui raconte les campagnes d’Italie de François Ier et d’Henri II (durant lesquelles il a fait carrière), récits qui impressionnent l’enfant, féru de chevalerie.

Même si Jacques Amyot constate que Charles-Maximilien n’est pas très appliqué à l’étude et si certains le disent moins intelligent que son frère Alexandre-Edouard, il a néanmoins un esprit éveillé , aimant la musique et la poésie, s’essaiera aux vers et comptera même Ronsard parmi ses amis. Durant son règne, il créera une académie de musique et de poésie.

Malgré son jeune âge, il souffre de troubles psychiques, sans doute dus aux dégénérescences héréditaires des Valois et des Médicis ; il lui arrive de faire des crises de nerfs ou d’avoir des accès de fureur, cela reste peu fréquent mais s’aggravera avec le temps.

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Charles-Maximilien de France,

d’après François Clouet, Ecole Française,

seconde moitié du XVIe siècle.

Peinture à l’huile sur panneau de bois,

9,5 x 8,5 cm.

Chantilly, Musée Condé.

En 1559, Henri II souhaite suspendre la guerre contre l’Espagne et l’Angleterre ; il veut éradiquer le protestantisme qui ne cesse de gagner du terrain en France, jusque parmi la noblesse, puisque certains grands seigneurs, comme Antoine de Bourbon, roi de Navarre, ou encore les frères Coligny (neveux du connétable Anne de Montmorency, favori d’Henri II) ont embrassé la Réforme.

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Henri II, roi de France en 1547,

d’après François Clouet, Ecole Française, 1559.

Peiture à l'huile sur panneau de bois, 30 x 22 cm.

Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon.

La paix est signée les 12 mars et 2 avril avec Elisabeth Ire, reine d’Angleterre,   (premier traité du Cateau-Cambrésis), le 3 avril avec  Philippe II, roi d’Espagne, (second traité ou paix du Cateau-Cambrésis), Henri II a accepté presque toutes les conditions, même les plus humiliantes ; la France renonce à ses prétentions sur le Milanais et à la plupart de ses récentes conquêtes. Pour nouer une alliance durable avec l’Espagne, Elisabeth de Valois (fille ainée d’Henri II et de Catherine de Médicis, comme nous l’avons déjà vu), est mariée à Philippe II (représenté par le duc d’Albe), et Marguerite de Berry, sœur d’Henri II, doit épouser, quant à elle, en juillet de la même année, le duc de Savoie Emmanuel-Philibert (allié des espagnols et à qui la France a été obligé de restituer son duché, d’où il avait été spolié en 1536, par François Ier).

À Paris, où l’on avait déjà fêté les noces de la princesse Claude et de Charles de Lorraine le 5 février, les bals et les banquets se succèdent. Le 30 juin (nous sommes toujours en 1559), on organise, rue Saint-Antoine, le Tournoi des Reines. Henri II lui-même y participe, c’est un vrai passionné de joute. Sur les estrades, dans la loge royale, sa femme, ses enfants et, bien sûr, sa maîtresse, Diane de Poitier, sont venus profiter du spectacle. Pour sa dernière passe d’armes, le roi affronte Gabriel de Lorges, comte de Montgomery et commandant de sa garde écossaise, qui a lui aussi une réputation de fameux jouteur. Après deux manches indécises, Henri II, vexé car il a bien faillit être désarçonné, exige un nouvel assaut. Son adversaire, quelque peu sonné par les rencontres précédentes, oublie de changer sa lance, laquelle est fragilisée. Le choc entre les deux cavaliers est tel que les chevaux se dressent sur leurs pattes arrière. Montgomery qui a rompu sa lance, n’a pas le temps d’en abaisser le tronçon pointu restant, qui glisse sur la cuirasse du roi, soulève la visière mal attachée de son casque et se plante dans son œil droit.

Henri II est descendu avec précaution de cheval et amené à l’Hôtel des Tournelles. Cinq éclats de bois sont restés plantés dans sa tête, ils ont traversé l’œil ou la tempe, le plus long (dix centimètres) est ressorti par l’oreille ! La blessure s’infecte. Le roi, qui est resté conscient, décède dix jours plus tard, le 10 juillet, à quarante ans, laissant le trône à François, à peine âgé de quinze ans.

Ce dernier, terrorisé, demande à sa mère de prendre la régence mais elle refuse, tout d’abord parce qu’il est majeur (en vertu de l’ordonnance promulguée par Charles V en août 1374 et qui fixe la majorité du roi à quatorze ans) et surtout, elle ne veut pas se dresser contre les oncles maternels de la nouvelle reine Marie Stuart, François de Guise et Charles de Lorraine, qui, dévorés d’ambition, entendent bien gouverner la France par l’intermédiaire de leur nièce. Leur politique d’intolérance envers les protestants ne contribuera qu’à exacerber les tensions et les divisions dans le royaume.

François II est sacré le 18 septembre 1559, Charles-Maximilien, neuf ans, devient « Monsieur », second personnage du royaume et, curieux de tout, suit avec intérêt la cérémonie.

BnFF

François II, roi de France,

François Clouet (1510/1515 - 1572), 1560.

Pierre noire et sanguine sur papier, 33 x 22 cm.

Paris, Bibliothèque Sainte-Geneviève.

Le nouveau roi ne règne pas longtemps ; de complexion maladive, sujet depuis l’enfance à des migraines, des otites suppurées et des flux d’entrailles, il meurt le 5 décembre 1560, à seize ans, d’une méningite encéphalique, après un court règne de dix sept mois et vingt jours, marqué par la Conjuration d’Amboise : en mars 1560, des petits nobles protestants, financés et dirigés en sous main par Louis de Bourbon, prince de Condé et cadet d’Antoine de Navarre, projetaient d’enlever et d’emprisonner les Guise pour soustraire François II à leur mauvaise influence et mettre fin aux persécutions contre les réformés. L’attaque du château d’Amboise, le 17 mars, fut un échec et les Guise exercèrent une répression sanglante, d’une cruauté sans commune mesure. Condé, quant à lui, allait être arrêté quelques temps plus tard, le 31 octobre 1560, à Orléans (où il venait juste d’arriver avec son frère pour assister aux Etats Généraux) et emprisonné ; sa condamnation à mort ne faisait aucun doute mais la brusque maladie et le décès du jeune roi interrompirent le procès.

Après "le tumulte d’Amboise", comme on désignait l’évènement à l’époque, de nombreux huguenots choisirent de prendre les armes en réaction à la barbarie des Guise et à l’intolérance des catholiques en général : en bandes, surtout dans le Midi, ils s’en prenaient aux fidèles "papistes ", vandalisant les églises qu’ils vidaient de leurs mobilier et dont ils brisaient les statues ; après avoir vainement tenté le dialogue et, en retour, subis des persécutions, il était, malheureusement, temps pour les protestants de répondre à la violence par la violence… la France allait bientôt être déchirée par pas moins de huit guerres de religions en un demi-siècle !

Le fanatisme et la haine de l'autre règnent donc dans les deux partis et le pays est littéralement en ébullition, lorsque François II rend le dernier soupir. Il ne laisse pas d’héritier. En tant que frère puîné du défunt roi, Charles-Maximilien prend la succession. Ses couleurs sont le blanc, le bleu et l’incarnat. Il est couronné, sans faste, le 8 décembre et devient roi sous le nom de Charles IX ; il a à peine dix ans !

Suite dans la deuxième partie !

D.

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dimanche 21 janvier 2007

"Lever de soleil et monstres marins" par Turner

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Lever de soleil avec monstres marins

J.M.W Turner (1775-1851), vers 1845.

Huile sur toile, 91,4 x 121,9 cm.

Londres, The Tate Britain, Clore Gallery.

Peint aux alentours de 1845, ce tableau compte parmi les œuvres les plus énigmatiques de Turner.

Le soleil, à peine levé, inonde de lumière la mer et le ciel. Au milieu des flots brunâtres, un groupe de curieux monstres baroques fait surface, la bouche ouverte, fixant le spectateur de leurs yeux ronds et vitreux. On en distingue facilement deux, ainsi que plusieurs poissons, plus à gauche. L’artiste s’est probablement inspiré de mappemonde ancienne où l’on avait coutume de rajouter des poissons fabuleux, capable d’avaler des galions entiers, au milieu des océans.

Dans cette toile que qu’il ne destinait pas à être exposée, Turner  montre son intérêt pour les animaux marins fantastiques, déjà palpable, par exemple, dans la toile Négriers jetant par-dessus bord les morts et les mourants – approche d’un typhon (huile sur toile, 1840, j’y consacrerai un article prochainement) où il avait représenté des créatures hideuses avalant les esclaves jetés à la mer.

Ce qu’il y a de curieux dans Lever de soleil avec monstres marins, c’est que les monstres en question ne paraissent nullement menaçants ou à la poursuite de quelque proie (pourquoi pas un navire plein d’innocentes victimes, comme on pourrait s’y attendre ?), ils se contentent juste de regarder hors de l’eau, comme si leur présence était tout à fait naturelle, on a la sensation d’assister à un évènement quotidien, rituel, à croire que chaque matin, à l’aube, ces monstres émergent quelques instants avant de replonger dans les abysses.

La très grande liberté plastique de cette œuvre joue un rôle non négligeable dans la perception que l’on a de la toile. La touche très enlevée et l’utilisation fréquente du couteau à palette donnent l’impression que les monstres sortent littéralement de l’épaisse couche de peinture tout en semblant prêt à s’y refondre comme dans l’océan, ce qui fait ressentir davantage le caractère fugace de la scène.

Cette très belle toile de Turner est exposée à la Tate Britain, (ancienne Tate Gallery) plus précisément dans la Clore Gallery, qui rassemble le legs Turner, à Londres dans le quartier de Westminster (en métro descendez à Pimlico Station).

D.

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jeudi 18 janvier 2007

"Le Premier Consul" par Thomas Phillips.

Nap_Phillips_RNM

Le Premier Consul,

Thomas Phillips (1770-1845), 1802.

Huile sur toile, 42 x 35 cm.

Bayonne, Musée Bonnat.

Réalisé en 1802, durant la paix d’Amiens, par l’artiste anglais Thomas Phillips, à la demande de Lord Erskine (qui avait ses entrées à la Malmaison grâce à Joséphine), le tableau, inachevé, représente Napoléon Bonaparte (1769-1821), âgé de 33 ans, en habit rouge de Consul, cravate noire nouée autour du col, l’année où le Sénat le proclamait Premier Consul à vie, après que les Français eurent été consultés par plébiscite (la question était : "Napoléon Bonaparte sera-t-il Consul à vie ?", le résultat fut de 3 568 885 "oui" contre 8374 "non").

Napoléon avait exceptionnellement accepté, probablement convaincu par Joséphine, de poser pour Phillips, ce qui était très rare et posait d’ailleurs problème aux peintres d’alors ! 

Loin des portraits officiels, idéalisés et stéréotypés, en vogue sous le Consulat puis l’Empire, celui-ci est d’un réalisme surprenant et donne l’impression d’être vraiment pris sur le vif ; à le voir, on ne doute pas que le futur Empereur ressemblait vraiment à cela.

Contrairement à l’image habituelle du héros plein d’assurance et au calme olympien, la pose n’est pas recherchée mais naturelle, le sujet détourne le regard ce qui n’empêche pas le spectateur de percevoir l’ambition et l’énergie derrière ce visage un peu pâle, aux yeux tristes ou songeurs et aux lèvres légèrement pincées.

Napoléon était très exigeant quant à la façon dont on le représentait, on peut citer pour exemple Dupré (1748-1833), Graveur Général de la Monnaie, qui fut renvoyé sous prétexte qu’il avait représenté le Premier Consul trop maigre sur une médaille !

Il faudra attendre des peintres comme Paul Delaroche (1797-1856), Meissonier (1815-1891) ou James Sant (1820-1916) pour avoir des images plus humaines, plus réelles, de l’Empereur, le problème est que ce dernier était déjà mort depuis longtemps !

L’intérêt du tableau ici présenté tient en cela : comme il s’agissait d’une commande particulière, il n’avait pas à être approuvé par Napoléon, l’artiste était du coup libre de peindre, du vivant de son modèle, ce portrait audacieux et crédible, débarrassé du conformisme du néo-classique qui prévalait alors.

Si vous êtes de passage à Bayonne un jour…

D.

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mercredi 17 janvier 2007

Tagada tsoin tsoin !

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire.

Pour mes dix-huit années, au moins deux petites choses m'auraient fait plaisir :

- Qu'on tire un feu d'artifice en mon honneur. Raté.

- Que Sarkozy fasse une dépression nerveuse et aille vivre au Spitzberg jusqu'à ce qu'un ours blanc se le croque en apéritif. Raté aussi.

La prochaine fois peut-être. Je garde l'espérantude comme aurait dit Ségolène Royal.

D.

mardi 9 janvier 2007

"La Mort sur un cheval pâle" par Turner.

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Squelette tombant d'un cheval

ou La Mort sur un cheval pâle (?),

J.M.W Turner (1775-1851), RA,

entre 1825 et 1830.

Huile sur toile, 59,7 x 75,6 cm.

Londres, The Tate Gallery.

Rien qu’à regarder ce superbe tableau de Turner on en entend presque la Danse macabre de Camille Saint Saëns (1835-1921) ; même si lorsque le compositeur est né, le maître anglais avait déjà abandonné son projet depuis cinq ans !

Le squelette, portant un diadème et monté sur un cheval fantomatique avec une robe aux reflets verdâtres, lancé dans un galop effréné au milieu de nappes de brumes, se renverse dans une posture surprenante et inquiétante, comme s'il était en train de se baisser pour saisir des victimes hors champ, peut-être même le spectateur ! La tête aplatie et sans oreilles de la monture semble s'inspirer des chevaux sculptés les plus abîmés de la frise du Parthénon à Athènes.

Cette toile très atypique de Turner est probablement tirée de la Bible, plus précisément du chapitre VI  de l'Apocalypse selon Saint Jean et qui prédit l’apparition, le Jour du Jugement Dernier, de quatre cavaliers symbolisant le pouvoir politique, la guerre, l’économie et la mort.

"Quand l’Agneau brisa le quatrième sceau, j’entendis le quatrième être vivant qui disait : "Viens !". Je regardais et je vis un cheval de couleur verdâtre. Celui qui le montait se nomme la Mort, et le monde des morts le suivait. On leur donna le pouvoir sur le quart de la terre, pour faire mourir ses habitants par la guerre, la famine, les épidémies et les bêtes féroces."  Saint Jean, Apocalypse, (6.7-8).

Mais les historiens de l'art ne sont pas tous certains de l’identité du personnage car le titre est en fait posthume. Ce travail inachevé semble avoir été inspiré à Turner par la mort de son père qui l’affecta beaucoup, en 1829, mais ce n’est qu’une hypothèse.

Voici un très bel exemple de ce que l’on appelle en peinture le Sublime, c'est-à-dire une vision romantique - typique de la première moitié du XIXème siècle - de l’homme impuissant face aux colères divines ou de la nature, incapable d’échapper au temps et jouet de forces obscures.

L'allégorie de la Mort sur son cheval est très présente dans la littérature et la poésie de l'époque, surtout en Angleterre ; en France, elle intéressa Charles Baudelaire (1821-1867) qui après avoir vu une gravure de Joseph Haynes (1760-1829), Death on a Pale Horse, composa ce magnifique poème :

"Une gravure fantastique

Ce spectre singulier n’a pour toute toilette,

Grotesquement campé sur son front de squelette,

Qu’un diadème affreux sentant le carnaval.

Sans éperons, sans fouet, il essouffle un cheval,

Fantôme comme lui, rosse apocalyptique,

Qui bave des naseaux comme un épileptique.

Au travers de l’espace ils s’enfoncent tous deux,

Et foulent l’infini d’un sabot hasardeux.

Le cavalier promène un sabre qui flamboie

Sur les foules sans nom que sa monture broie,

Et parcourt, comme un prince inspectant sa maison,

Le cimetière immense et froid, sans horizon,

Où gisent, aux lueurs d’un soleil blanc et terne,

Les peuples de l’histoire ancienne et moderne."

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal (Spleen et Idéal LXXI), 1861.

Le thème du "sabre qui flamboie" est surprenant puisqu’on ne le retrouve pas dans la Bible mais le poème est tout à fait dans l’esprit de la toile de Turner même s’il ne s’en inspire pas directement. Chapeau monsieur Baudelaire !

Encore un tableau à ne pas rater, à la Tate Britain de Londres, je l’y ai vu lors de mon voyage à Londres, au printemps 2006 !

D.

Posté par dDeNiS à 05:27 PM - - Commentaires [5] - Permalien [#]